Vivaces allélopathiques

Les plantes communiquent, chimiquement. Elles produisent des molécules et les libèrent autour d’elles de différentes manières : gazeuse par les feuilles, exsudats par les racines. Ces composés chimiques vont avoir une action sur les autres êtres vivants : bactéries, animaux, végétaux, champignons… Cela laisse entrevoir de grandes possibilités dans le monde du paysage : si des végétaux sont capables de produire des molécules qui bloquent la germination des adventices, pourquoi ne pas les utiliser pour concevoir des massifs « sans entretien » ? Un désherbage sera pratiqué la première année, peut-être la deuxième… mais très vite, les plantes vont se rejoindre et éliminer sans pitié la concurrence des adventices ! Il ne restera plus qu’à passer annuellement pour un coup de cisaille de défloraison, dans les massifs les plus visibles. Ce sera le seul entretien ! Souvent, ce sont des plantes originaires de climats secs et qui ont dû s’adapter au manque d’eau en supprimant la concurrence. Vous les reconnaissez facilement à leur feuillage gris, encore une adaptation à la chaleur ! Romarins, cistes, lavandes, origans, armoises, achillées, ballotes, centaurées, euphorbes, hélichryses, thyms… Toutes ces belles méditerranéennes sont allélopathiques. Vous trouverez ce type de plantes chez les producteurs de vivaces, notamment les spécialistes des jardins secs comme Olivier Cazeneuve.